Portrait fictif : Renée Michel

Portrait fictif est une série d’articles présentant une fois par mois un personnage féminin de la littérature qui m’a marquée. Je vous y présenterai le personnage dans la saga, quel est mon rapport à ce personnage et enfin pourquoi je pense qu’elle est intéressante à présenter dans cette série d’articles. Pourquoi me concentrer uniquement sur les personnages féminins ? Il existe des personnages masculins tout aussi géniaux, mais souvent quand on cite des personnages, cela va être souvent les personnages masculins qui vont venir à l’esprit. Je veux faire en sorte que l’on pense aussi aux personnages féminins. Enfin, c’est un moyen pour moi de vous faire découvrir autrement mes lectures.

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Il y a ces personnages qui me bouleversent, qui me font pleurer, rire, me mettent les larmes aux yeux, que je refuse de quitter. Ces personnages quand je fais leur connaissance au début, je dis moui pourquoi pas et quand j’apprends à vraiment les connaître je voudrais que le monde entier connaisse leur existence. HNB est très loin d’être le monde entier, mais c’est un début pour vous faire découvrir Renée Michel dans l’Élégance du hérisson de Muriel Barbery. Quand j’ai commencé à m’attacher à ce personnage, j’ai su que je devais à tout prix vous parler d’elle sur HNB. C’est un personnage que je n’ai pas l’habitude de rencontrer dans mes lectures. C’est même une lecture à mille lieues de celles que j’ai l’habitude de lire. Le roman m’avait été présenté lors d’un ancien club de lecture et quand je suis tombée par hasard dessus la semaine dernière j’ai voulu lui donner sa chance. Il m’a fallu deux ans et un coup de pouce du destin pour que je découvre ce livre. Et je pense que c’est vraiment le genre de livre que l’on doit lire quand c’est le bon moment. J’ai des livres que je peux lire à tout moment, mais lui, il fallait vraiment un alignement des astres pour qu’il me plaise.

Cette intro est un peu longue, mais en cherchant la fiche du livre sur Babelio, j’ai vu des critiques plutôt négatives que je pouvais comprendre et que j’aurais pu moi-même écrire si cela n’avait pas été la bonne période pour lire ce livre.

l’Élégance du hérisson c’est donc l’histoire de Renée qui se présente ainsi :

Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.

En parallèle on suit de Paloma, une ado de douze ans, qui vit dans l’immeuble de Renée. Dans ce roman il ne se passe pas grand et en même temps c’est l’histoire de deux personnages qui ont un amour de la culture, du monde et en même temps se sentent trop étranger à la société pour accepter d’y appartenir. Il y a un certain mépris de cette société, mais en réalité, révèle surtout une fragilité et une crainte chez les personnages de se faire rejeter.

Renée au début m’a un peu perdue. J’ai aimé la description qu’elle faisait d’elle, mais elle emploie des tournures alambiquées, elle se lance dans des descriptions très poétiques, mais un peu sans fin. Au début, ce n’est pas vraiment le personnage auquel j’accroche. Puis j’ai vu entre les lignes une personne qui manquait surtout de confiance en elle, une personne victime du classicisme. On va la prendre en pitié, la jugée inférieur, car elle est pauvre. Elle se décrit elle-même comme invisible, cela lui convient très bien. On ne la méprise même pas, elle n’est même pas digne d’être méprisée. Il y a quelque chose de très touchant dans ce personnage et en même temps elle peut rapidement agacer.

Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant dans le personnage de Renée, c’est qu’elle diffère beaucoup des personnages principaux dont j’ai l’habitude de croiser la route. Elle est loin d’être belle, même décrite comme laide. Elle manque de confiance en elle, n’aime pas la société et elle est considérée dans son univers comme un être qui ne mérite pas d’attention. À cela, ajoutons que c’est un personnage âgé, qui ne fait pas un métier considéré comme sympa. Quand je croise ce genre de personnage, ce sont le plus souvent des personnages secondaires. On en leur accorde pas beaucoup d’attention. J’aime faire la connaissance de personnages différents.

3 réflexions sur “Portrait fictif : Renée Michel

  1. tsllangues dit :

    L’élégance du hérisson, un de mes coups de coeur! Il est vrai qu’il est souvent jugé pompeux et ennuyeux et pourtant, comme toi, il m’a touchée et le personnage de Renée y est pour beaucoup. Certes, il faut aimer les romans « tranche de vie », de ceux qui décrivent un quotidien lambda sans rebondissements spectaculaires. Par contre j’avais trouvé que l’idée des tournures alambiquées était parfaite pour coller au personnage: René est très cultivée, elle a une sensibilité des mots, la langue vient chez elle avec tellement de naturel qu’elle ne se rend même pas compte que sa façon de s’exprimer est d’un niveau bien trop élevé pour le commun des locuteurs (et tu ne t’étonneras pas si je te dis que j’avais recopié à l’époque le passage où elle décrit l’utilisation de la virgule. Rien que pour ça, je l’aime)

    Aimé par 1 personne

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