Rose sous les bombes

5140rjOaJJL._SX195_Date de publication : 20 mai 2015
Autrice : Elisabeth Wein
Genre : Historique, jeunesse
Edition : Castelmore
Formats : Broché, ebook
Nombre de pages : 438

Je ne pensais pas que Rose sous les bombes deviendrait l’un de ses romans qui font que je dois mettre ma vie en suspens tant que je ne l’ai pas terminé. Au salon de Montreuil, il m’avait rapidement séduite, même si je dois reconnaître ne m’être absolument pas attendue à ça. Au début, j’ai même été déçue par le style et puis le charme à opérer sur moi.

Rose Justice est une jeune pilote américaine. À dix-huit ans à peine, elle est pilote de l’Air Transport Auxiliary (ATA). L’ATA est une organisation britannique créer en novembre 1945 qui permettait le transfert des avions neufs, endommagés ou encore en réparation entre les usines, les aérodromes militaires ou encore les dépôts de maintenance. Les pilotes de l’ATA sont ceux qui n’ont pas été envoyés à la guerre en raison de leur âge, de leur santé ou bien de leur genre. En effet, à l’époque les femmes pilotes n’étaient pas forcément bien vues. Il y a pourtant eu 166 femmes pilotes dans l’ATA, ce qui faisait un pilote sur huit ! Rose qui vient tout juste de terminer ses études quitte donc son pays pour devenir pilote. Elle a la tête pleine de rêves, une certaine naïveté sur l’horreur de la guerre et veut avoir son rôle à jouer. Cependant, une de ses missions tourne mal et elle est capturée par des soldats allemands qui l’envoient dans un camp de concentration. Elle va s’en sortir et elle va raconter ce qu’elle a vécu dans son journal intime.

Le roman est coupé en trois parties, qui sont marquées par trois lieux : Southampton, la ville où elle vivait quand elle appartenait à l’ATA, Ravensbrück, le camp de concentration où elle a passé six mois et enfin Nuremberg, qui est là où se sont déroulés les grands procès contre les nazies et où elle raconte l’après-guerre.

Le résumer est un peu trompeur je trouve, parce qu’il présentait Rose comme pilote qui allait sur le front et qui rencontre dans le camp, une romancière, une Polonaise qui subit des expérimentations et une pilote russe. Je trouve que dans la manière dont il est présenté, il envoie un peu d’aventure, d’une image un peu lisse des camps de concentration. D’ailleurs, c’est pour ça que je l’ai pris, je ne lis jamais de roman de la Seconde Guerre mondiale parce que c’est beaucoup trop réel pour moi. Je sais que ma grand-mère a connu cette période, qu’elle était en Allemagne quand tout ça a eu lieu. J’ai besoin de pouvoir me dire : de toute manière, c’est que de la fiction ou alors c’était il y a une éternité. C’est pour cette raison que même si j’aimais conseiller ce roman au monde entier, je ne le ferais pas.

Au début du roman, j’étais agacée par le style. Il y a tout le temps des points d’exclamation et des majuscules. Rose doit écrire un rapport sur la mort d’une de ses camarades et elle décrit cette tâche comme « beurk ». Ce n’est pas qu’elle est insensible, mais au début du roman, elle a une image idéalisée de la guerre et elle s’exprime comme une adolescente. Ce qui est tout à fait normal, parce que c’est ce qu’elle est. Puis, par deux lettres, on apprend sa disparition. À son retour son style a changé et au fil des pages il va devenir plus assuré, plus mûr. Je trouve que l’autrice a su vraiment retranscrire l’évolution de son passage dans ce changement de style. Quand elle raconte l’histoire du camp, elle se trouve idiote, elle se rattache à des détails qui semblent futiles et le plus dur c’est que cela renforce la réalité du récit. Le résumer présente les femmes qu’elle va rencontrer comme des personnages de roman, son récit va leur donner à chacune une existence. On ne peut pas les résumer en un titre. Aucune d’entre elles, elles sont toutes bien plus que ça.

Ce qui m’a frappée dans ce roman, c’est qu’à travers l’histoire de Rose, l’autrice ne se contente pas de raconter son histoire. Elle utilise Rose pour raconter des dizaines d’histoires, chacun des personnages présents dans ce roman est porteur d’une histoire réelle. Il y a celles qui résistent, celles qui essaient juste de vivre, celles qui maternent, celles qui rêvent, celles qui s’accrochent au peu de pouvoir pour survivre, celles qui sont devenues nazies et toutes les autres. C’est un roman très fort qui raconte l’histoire des femmes durant la Seconde Guerre mondiale et comment toutes l’ont vécu de manières bien différentes. Et puis, elle ne se contente pas de raconter ce qui se passe avant et pendant. Elle raconte aussi l’après, la reconstruction des victimes. C’est cette dernière partie qui m’a le plus émue. C’est le contre coup de tout le roman.

Vais-je aimer ce livre ?

Ce livre est très dur. Il parle de tortures médicales, de violes, de violences régulières, de morts et de plein de trucs atroces. L’autrice l’exprime arrive à le raconter sans que l’on tombe dans le thriller qui en rajoute des tonnes pour dégoûter le lecteur. Le plus difficile, je pense, c’est de savoir que tout cela a réellement eu lieu. L’autrice s’est basée sur de vrais témoignages pour écrire son récit. Si c’est une thématique qui vous plaît, je vous invite vraiment à le lire. Il y a énormément de choses dont j’aimerais parler au sujet de ce roman et en même temps que je ne peux pas dire, car cela en révélerait trop.

Si vous l’avez lu et que vous voulez en discuter avec moi, faites-le-moi savoir !

2 réflexions sur “Rose sous les bombes

  1. tsllangues dit :

    Les livres qui traitent de guerres ayant eu lieu ont toujours un double effet sur moi: d’un côté j’ai envie de les lire, les ouvrages historiques m’attirant beaucoup, et d’un autre j’appréhende les descriptions des brutalités qui me heurtent toujours. Dans ce cas précis, je pense faire l’impasse, apparemment rien n’est tu et même si je ne cherche pas à faire l’autruche et à nier les faits, j’ai besoin de me protéger un peu de tout ça. Par contre j’en parlerai à certaines personnes plus « fortes » que moi qu’on peut moins facilement « atteindre » émotionnellement, parce que définitivement le sujet est original.

    Aimé par 1 personne

    • Babitty Lapina dit :

      Cela reste un roman jeunesse, du coup, on ne va pas non plus dans des descriptions très sanglantes ou avec des mots très dures. Mais en même temps c’est vrai que des mots aux allures innocentes donnent une image très lourde. Cette autrice a écrit un autre roman sur le thème de la Seconde Guerre Mondiale avec une espionne il me semble. Je serais curieuse de le lire !

      Aimé par 1 personne

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