Portrait fictif : Esméralda

Portrait fictif est une série d’articles présentant une fois par mois un personnage féminin de la littérature qui m’a marquée. Je vous y présenterai le personnage dans la saga, quel est mon rapport à ce personnage et enfin pourquoi je pense qu’elle est intéressante à présenter dans cette série d’articles. Pourquoi me concentrer uniquement sur les personnages féminins ? Il existe des personnages masculins tout aussi géniaux, mais souvent quand on cite des personnages, cela va être souvent les personnages masculins qui vont venir à l’esprit. Je veux faire en sorte que l’on pense aussi aux personnages féminins. Enfin, c’est un moyen pour moi de vous faire découvrir autrement mes lectures.

esmeralda-1133987_w767h767c1cx287cy308Esméralda est l’un des personnages principaux du roman Notre-Dame de Paris et aussi le personnage le plus intéressant à analyser à travers les trois œuvres (le roman, la comédie musicale et le film Disney). Elle est en effet la seule dont le caractère est réellement respecté et qui connaît en même temps une évolution. On pourrait même avoir l’impression que c’est un personnage qui grandit et qui a appris de ses erreurs à travers les œuvres. Point intéressant, la comédie musicale est sortie deux ans après Le Bossu de Notre-Dame, mais Esméralda est nettement plus forte et évoluée que dans la comédie musicale.

Ma première rencontre avec Esméralda fut dans le Bossu de Notre-Dame, je ne te dis pas ma surprise quand dans le roman je me suis retrouvée à faire connaissance avec une adolescente naïve, qui rêve du grand amour et surtout de retrouver sa mère. On est aussi très loin de la gitane qui parcourt les routes d’Andalousie comme elle le chante dans la comédie musicale. Esméralda était la fille d’une prostituée qui a été enlevée par des gitans. Elle garde autour de son cou un chausson que sa mère lui a brodé, talisman qui lui assure de retrouver sa mère si elle n’a aucune relation sexuelle. Tout au long du roman, elle est très naïve vis-à-vis de Phœbus. Elle voit en lui l’incarnation même du prince charmant, et ce malgré le comportement qu’il a vis-à-vis d’elle. Si elle peut se montrer pleine de bonté quand Quasimodo est au pilori ou bien quand elle accepte d’épouser le poète Gringoire pour sauver la vie de ce dernier. Néanmoins, quand Quasimodo va lui sauver la vie, elle ne va pas se montrer des plus sympathiques. Elle le méprise ouvertement et fuit sa compagnie. Enfin, Esméralda est la figure même du désir. Tout le peuple parisien accourt pour la voir danser, tous les personnages masculins principaux la désirent : Phœbus, Frollo, le poète Gringoire ou même Quasimodo. Bien que ce dernier ne semble pas avoir le même désire que les trois premiers.

Dans la comédie musicale, Esméralda a tendance à voir que le côté clinquant de Phœbus. Cela se voit en particulier dans la chanson « Beau comme le soleil ». Elle voit en lui un prince, un fils de roi. Fleur-de-Lys, la fiancée de Phœbus, qui chante en duo avec elle révèle la vérité. Phœbus n’est qu’un soldat du roi, elle le décrit même comme un voyou et un brigand. Là encore on a donc une Esméralda qui est aveuglée par l’amour d’une seule rencontre. On a aussi toujours cette Esméralda qui est désirable, c’est particulièrement marqué par deux éléments. Tout d’abord avec Clopin qui avoue ne plus la voir comme une petite fille et sous-entend avoir du désir pour elle. Il est d’ailleurs furieux quand elle accepte d’épouser le poète Grégoire (qui se nomme Gringoire dans le roman). Le désir que l’on ressent pour elle est marqué avant tout pour la chanson « Belle » chantée par Frollo, Phœbus et Quasimodo. Toutefois, si ce dernier chante la chanson Belle, il ne semble pas avoir un désir charnel vis-à-vis de la bohémienne. Il est avant tout touché par sa bonté. À travers les trois œuvrent, Quasimodo a un amour très pieux pour Esméralda. Il l’aime, comme il pourrait aimer la Sainte Vierge. Il y a presque une connotation religieuse dans l’amour qui lui porte. Et si dans la comédie musicale, Esméralda ne le rejette pas, elle est quand même assez garce avec lui. Elle lui dit ouvertement qu’il est moche et que sa laideur la fait rire. Ce qui n’est pas très sympa.

Ce n’est que dans le film Disney où l’on a une Esméralda vraiment amicale vis-à-vis de Quasimodo. Elle va dès le début chercher son amitié et l’accepter. Elle lui fait rapidement confiance et c’est elle qui va à la fin le réintégrer dans la société. Le jeu de lumière dans la scène finale marque vraiment cette symbolique. Quasimodo est dans l’ombre et c’est Esméralda qui vient le chercher pour l’intégrer dans la lumière, l’intégrer dans la société. Dans le film Disney, Esméralda devient figure politique. Elle incarne la personnalité qui va défendre les plus démunis. Que ce soit quand elle sauve Quasimodo, avec son crie « justice », sa chanson « les bannis ont droit d’amour » ou même quand elle est celle qui fait que Quasimodo est acceptée par la société. Elle est l’incarnation de la protection envers les démunis face à un État qui les rejette. État qui est ici représenté par Frollo. Elle ne commencera a avoir des sentiments pour Phœbus que lorsque à son tour, il se révoltera face à l’État et sauvera la vie de paysan. Et si elle reste une figure désirable, elle est loin de n’être que ça comme elle est dans les deux autres œuvres. Dans le film Disney, Esméralda ressemble beaucoup à celle du roman, mais en plus murie, en plus adulte.

Esméralda est un personnage que je trouve vraiment passionnant dans les trois œuvres, même si j’ai nettement une préférence pour sa version dans le film Disney. Pour moi, elle est vraiment la suite logique de l’Esméralda du roman. Bon si on oublie que dans le roman elle meurt à la fin… Et même si dans le roman je n’arrêtais pas de râler après elle, je dois reconnaître qu’elle est l’un de mes personnages préférés avec Frollo.

Lire les autres articles du dossier littéraire

– Notre-Dame de Paris, la chronique
– Notre Dame de Paris, la comédie musicale
– Le bossu de Notre-Dame

10 réflexions sur “Portrait fictif : Esméralda

  1. rambalh dit :

    J’avoue qu’Esmeralda ne m’a jamais fascinée, que ce soit à travers la comédie musicale ou l’oeuvre de Disney. Après, comme je l’ai dit suite aux autres articles du dossier, j’étais jeune la dernière fois que je les ai visionnées. Je ne devais pas m’identifier à elle, je suppose, à l’époque.

    Par contre, sa force m’était clairement visible dans le dessin animé là où, dans la comédie musicale, je la trouvais courageuse mais sans plus. Sûrement à cause des solos du personnage qui ne me plaisait pas autant que d’autres chansons.

    Aimé par 1 personne

  2. Ewylyn dit :

    Quand j’étais petite, ce Disney était tellement marquant, sombre et différent des autres oeuvres de Disney. Et des trois versions d’Esmeralda, j’ai une large préférence pour celle de Disney qui a toujours été forte, juste, mature, elle n’hésitait pas à rire de Frollo ou de Phoebus. C’est comme Meg dans Hercules, c’était une héroïne Disney plus sombre, cynique, adulte. Elles ont toujours eu une place à part dans mon top des héroïnes Disney. Merci pour ce portrait hyper intéressant.

    Aimé par 1 personne

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