Le mommy porn

Cela fait un moment que j’avais envie de te parler du mommy porn. Quand j’ai fait des recherches dessus, j’ai découvert un genre littéraire bien plus mal considéré que la chick-lit. Mes sources pour cet article sont au mieux neutres et majoritairement hyper condescendantes. Alors certes, c’est un genre qui est bourré de défauts, mais je ne suis pas certaine qu’il mérite autant de mépris. Dans l’article je parle de lectrice, parce que c’est un genre dédié au public féminin et lu à la majorité par des femmes.

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Le mommy porn c’est un roman avec une grosse part de romance et quelques scènes érotiques qui restent relativement soft. Comme son nom l’indique, on vise un public féminin que l’on considère avoir l’âge d’être mère. C’est pas forcément bien écrit, le consentement n’est pas toujours respecté et c’est un érotisme très cadré par la société. N’empêche à l’époque cela faisait sa petite révolution, pour la première fois tout le monde parlait d’un roman érotique destinait à un public féminin ! Alors oui, Cinquante Nuances de Grey est bourré de défaut, mais il a eu le mérite de montrer que la littérature érotique pouvait intéresser les femmes et que le sexe tout court peut intéresser les femmes. Il y a une dizaine d’années encore, le sexe était un sujet de mec. Le porno c’était destiné aux mecs. Pour la première fois, publiquement les femmes ont une œuvre érotique qui leur est destinée.

Aujourd’hui on ne parle plus vraiment de mommy porn, mais plutôt de new romance. Cependant, on va retrouver le même schéma littéraire. Ce sont des histoires hétéros centrées, où une jeune femme plutôt innocente va faire la connaissance d’un homme doué pour le sexe et qui va l’initier. Il est important que l’héroïne se laisse guider, parce qu’il plus facile ainsi de se mettre à sa place. Dans les scènes érotiques, l’héroïne va avoir du désir bien entendu, mais si elle exprime l’envie de faire telle ou telle chose cela peut briser le charme. La lectrice pourrait ne pas s’y retrouver. D’ailleurs, c’est pour cette raison que cela reste très gentillet. Le mommy porn ou la new romance doit proposer une sexualité qui correspond à une norme sociale. Je ne pense pas pouvoir lire une scène de gang bang dans ce genre de roman. L’héroïne suit peut-être les indications de son amant, mais l’amant en question est en réalité l’objet sexuel de la lectrice. Tout ce qu’il fait, c’est pour plaire à la lectrice. On est sur une relation de domination à plusieurs niveaux. Il y a une relation domination du héros sur l’héroïne dans le roman et sur un second niveau, la lectrice domine le héros. Il doit satisfaire la lectrice, sinon il échoue dans son existence même.

Il est important de ne pas considérer le mommy porn, tout comme le porno ou n’importe quel livre, film ou œuvre créative comme modèle pour une relation sexuelle. Le but du mommy porn ou de la new romance est de créer le fantasme, d’apporter un plaisir. Quand on lit une scène érotique qu’on trouve bien écrite, qui nous correspond, on se sent émoustiller. Cependant, ce n’est pas pour autant que l’on cherche ça dans la réalité. Il faut garder à l’esprit qu’une œuvre créative permet d’alimenter le fantasme. L’éducation sexuelle c’est beaucoup plus sérieux et cela rend le sexe encore plus sympa.

Pour être honnête, même si je suis une féministe et que pour moi le consentement est le truc le plus important au monde. Quand j’ai mes petits fantasmes, je ne m’interroge pas si les personnes présentes sont consentantes ou non. Pour moi c’est évident qu’elles le sont. Et ça casserait tout mon petit fantasme de leur demander. Et bien le mommy porn/new roman pour moi c’est la même chose. Cela casserait tout. Par contre, dans la réalité, mon consentement et celui de mes partenaires c’est juste la base de toute relation. Fantasme et réalité sont deux choses très différentes. Franchement, quel milliardaire irait à se faire chier avec une prolétaire comme moi ? J’existerai même pas pour lui, il dirait juste « oh encore une fille moche, banale et qui ne sait pas s’habiller » (Ce qui est la description de base d’une héroïne de mommy porn).

Je comprends que le mommy porn soit jugé et critiqué. Il faut garder en tête que ce genre littéraire à apporter beaucoup et que cela ne reste que de la fiction. Et puis que surtout que personne ne s’offusque que l’on trouve des scènes de tortures atroces ou des foutus pédophiles dans les thrillers alors que c’est même pas annoncé ! Quand je regarde un film d’horreur, je m’attends à ça, pas quand je lis un livre qui me promet une intrigue sombre et intriguant à la base. Le mommy porn au moins on sait à quoi s’attendre. Le thriller moi j’ai arrêté ce genre à moins qu’on me dise : « c’est bon, tu peux le lire, y a pas de torture ». Les défauts du thriller ne retirent par ceux du mommy porn ou les critiques que l’on peut faire vis-à-vis de ce genre. Mais juste encore une fois, on préfère critiquer un genre littéraire qui met en scène la sexualité féminine, que des romans beaucoup trop violents (et qui ne préviennent pas de cette violence).

27 réflexions sur “Le mommy porn

  1. uneviedeslivres dit :

    Très intéressant ! Pour moi, tu dis tout ce qu’il y a à dire ! J’ai toujours été plutôt mitigée face à ce genre (avec quelques exceptions), mais surtout parce que certains en font un modèle, alors que ces romances sont parfois complètement malsaines.

    Ce n’est pas un genre qui me plaît énormément, mais j’en lis parfois. Mais je comprends ce qui peut plaire : principalement le côté fantasmé, justement. Les grandes histoires d’amour aussi.

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    • Babitty Lapina dit :

      Ce n’est pas un genre dont je suis très fan, mais surtout parce que les relations hétéro c’est pas mon truc. Mais ça craint de penser que c’est la réalité, enfin je dis ça, mais quand j’étais ado, je fantasmais sur des relations bien pire dans les fanfictions xD

      Et merci pour ton gentil commentaire ♥

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      • audreypleynet dit :

        Alors je crois que les éditions Rebelles éditent de la New Romance un peu intelligente et loin des clichés; sur leur site ils demandent qu’on leur envoie des manuscrits sans « héroine ingénue qui découvre la vie ». J’avais lu des extraits de Beautiful Bastard (je ne sais pas si c’est publié par eux) mais même s’il y avait un héros musclé, riche et PDG, l’héroine le dominait beaucoup, se foutait de sa gueule et même l’envoyait chier. A creuser peut-etre …

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  2. audreypleynet dit :

    Bonjour,
    Je suis comme toi : d’un côté je ne lis pas ce genre de roman (j’ai lu 50 nuances de grey et mes yeux ont saigné), mais de l’autre cette littérature a eu des vertus.
    Dans le côté vertu il y a évidemment le fait que ça a délié les langue sur le plaisir et le désir féminin : oui les femmes-mère de plus de 40 ans ont encore du désir/des fantasmes/des exigences. Est ce qu’elles sont tordus parfois ? oui (je pense au côté violence conjugale de 50 nuances et à l’absence de consentement) mais ça a déjà été une révolution de dire que des mamans (sacro sainte et immaculée dans l’imaginaire masculin) pouvaient et voulaient avoir encore une vie sexuelle à leur âge et malgré leur statut.
    L’autre vertu à laquelle je n’avais pas du tout pensé, que je viens de découvrir dans ton article et que je trouve génial c’est la côté de la double domination. Franchement bravo, c’est tellement vrai. La New Romance est une domination des lectrices sur les héros hommes et je pense que ça envoie aussi un message disant que les femmes/lectrices ont des exigences en matière d’hommes. J’entends encore des hommes autour de moi dire « ouais mais dans ces livres ils sont tous bien foutus et cultivés et hyper attentif à la femme ». Et bien oui messieurs, si vous désirez des femmes qui font du 36 et qui sont parfaitement épilées, pouvons nous aussi avoir des exigences plastiques chez un homme, ainsi que des exigences d’attitude (même si encore une fois le héros des New Romance a aussi beaucoup d’attitudes toxiques), mais n’est ce pas mieux que l’indifférence de Roger/Jean-Pierre/Bernard envers sa femme ?
    Pour moi le plus gros problème est le lectorat : si des femmes de 30, 40 ans et plus lisent ces livres pour se divertir et fantasmer, ok où est le mal ? mais le problème est quand le lectorat est jeune. J’ai eu affaire dans mon travail à des associations de préventions spécialisées et les travailleurs sociaux étaient attérés du nombre de jeunes filles qui couchaient ou taillaient des pipes pour un téléphone portable, une place de ciné, ou un peu de chit. et quand on leur en parlait elles répondaient « le mec est riche, il veut du sexe, je m’en fous c’est que du sexe, j’en profite, c’est comme ça que sont les hommes: ils ont la thune, on a le corps, c’est normal ». et là tu fais ouch car quand tu parles de consentement, de désir, de prostitution c’est toujours la même réponse « il a l’argent, il a le pouvoir, je suis une femme, j’ai le corps » et je vous parle même pas quand on commence à parler des relations sexuelles en zone grise « je voulais pas trop mais bon c’est un garçon il pouvait pas se retenir. il veut pas que j’ai d’autres amis homme mais bon c’est parce qu’il m’aime; il est blessé au fond c’est pas sa faute ». Et là ça devient super grave !

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    • rambalh dit :

      Je viens juste pour réagir à ta dernière partie concernant le « jeune » lectorat.

      « des associations de préventions spécialisées et les travailleurs sociaux »
      Là tu parles clairement d’une classe sociale et tu ne peux pas généraliser à un lectorat « jeune ».

      J’ai l’impression que tu mélanges un peu tout parce que ça n’a clairement rien à voir avec la littérature New Romance : les cas que tu exposes concernent surtout des filles, élevées dans l’idée qu’elles ne sont bonnes qu’à utiliser leur corps.
      Je vois où tu veux en venir mais je ne pense pas que la catégorie de personnes dont tu parles est influencée par la New Romance : c’est même rare qu’on encourage les filles qui sont élevées comme des poids (parce que c’est bien ça) à lire, surtout de la lecture sur le sexe. Ces filles, tout ce qu’on leur répète depuis qu’elles sont gamines c’est « l’école, c’est pas la solution, trouve un bon mari » et dans notre société et ces milieux, un bon mari ça signifie avec de l’argent et donc qui veut que tu sois « bonnes » vis à vis des standards de beauté.

      Et, à la limite, les bouquins de New Romance pourrait même leur montrer qu’elles peuvent attendre plus parce que généralement, les héroïnes sont présentées comme des femmes fortes qui finissent par transformer le mauvais garçon en amoureux merveilleux (oui, je lève les yeux au ciel sur ma phrase parce que c’est LE cliché qui me gonfle le plus dans ces bouquins haha).

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      • audreypleynet dit :

        Salut,
        Oui tu as raison de me faire préciser : je sais bien qu’il ne s’agit pas d’une influence directe mais bien d’une diffusion d’un élément qui renforce au final la culture du viol dans notre société. Et bien sûr là je parle de cas extrêmes dans un cadre pro, mais j’ai eu les mêmes discussions avec des jeunes filles de mon entourage qui lisant les 50 nuances, after, et compagnie, avaient déjà les germes de ce mode de pensée qui grandissaient en elle (l’homme qui ne peut pas se retenir, qui a l’argent donc le pouvoir, qui n’est pas vraiment fautif car blessé à l’intérieur, qu’elle arrivera sûrement à changer (et là aussi je lève les yeux aux ciel, mais genre jusqu’à la stratosphère 🙂 )

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        • rambalh dit :

          Là-dessus, et je vois parfaitement de quoi tu veux parler, je me demande juste si c’est vraiment une constatation à faire vis à vis de l’âge : c’est uns construction archaïque sur la différence homme/femme qui touche toutes les générations à mon sens.

          C’est ce que j’entends des gens de la génération de mes grands-parents « Tu fréquentes pas hein ? – Pas une seule personne » regard d’effroi « comme le cousin machin tu sais ? – Mais c’est pas pareil c’est un garçon »

          On en revient aux besoins soi-disant différents entre un homme et une femme, au fait qu’un homme cache ses émotions, que c’est à la femme de faire les efforts physiques parce que l’homme est la tête… Je me demande si l’âge est réellement un facteur dans tout ça. Clairement, c’est pas des bouquins à mettre dans les mains de très jeunes ado s’ils ne sont pas encore éduquer à la critique d’oeuvres (travail que l’on fait dès la sixième en cours de Français mine de rien).

          En gros, je ne suis pas d’accord sur ta distinction d’âge, non pas parce que je la trouve fausse mais parce que c’est un point sur lequel je réfléchis encore et je n’ai pas l’impression que ce soit un facteur permettant de prendre la New Romance au degré du fantasme et non de la réalité.

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    • Babitty Lapina dit :

      J’ai trouvé votre discussion super intéressante 🙂

      Je ne suis pas très d’accord avec l’idée qu’il puisse avoir des fantasmes tordus, c’est juste que parfois les gens n’arrivent pas à mettre les mots dessus. Par exemple, dire je fantasme d’être violé.e c’est hyper chelou, car cela suppose une absence de consentement, etc. Mais par ça la personne peut être veut dire : je fantasme sur des relations sexuelles avec bagarre / où je suis totalement soumis.e et je me laisse totalement allé.e. Dans la new roman, d’un point de vue extérieur cela peut paraître malsain, mais dans le cadre du fantasme ce ne l’est pas, car l’homme désire plus que tout l’héroïne, il est prêt à tout pour l’avoir. Alors oui, on a cette image de femme trophée, mais il est quand même agréable de se sentir désirée. La relation dans la new romance / mommy porn est acceptable, parce que la lectrice va considérer qu’elle est consentante pour tout ce que fait le héros. Elle veut qu’il agisse ainsi.

      Je ne pense pas qu’il faut taper sur le mommy porn / new romance par rapport à la sexualité des adolescentes. C’est comme taper sur le porno est dire que cela prône le viole, la violence, etc. Ce n’est pas au porno de faire l’éducation sexuelle de qui que ce soit. Tout comme ce n’est pas au mommy porn / la new romance de faire l’éducation sexuelle, relationnelle.

      Après pour reprendre votre conversation, oui le mommy porn / la new romance est clairement influencé par notre société sexiste. Par contre pour ces jeunes filles qui vendent leur corps, c’est dû à un manque d’éducation. Je ne blâme personne, mais moi-même je n’ai reçu cette éducation qu’en me retrouvant à m’intéresser au féminisme. Ce n’est pas le mommy porn qui leur font intégré ces codes, c’est juste toute la société à travers la publicité, les émissions de télé réalité, les films, les journaux, etc.

      C’est très intéressant comme discussion ♥

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  3. rambalh dit :

    J’aime beaucoup le rappel que tu fais sur la différence entre fantasme et réalité et c’est pile ce qui me dérange avec le « mommy porn » : qu’on en fasse un modèle.
    Le cas de 50 Shades est dangereux sur ça justement, j’ai l’impression que les bouquins qui touchent les amatrices du genre font leur taff mais que, dès que ça touche un large public, tout devient parole d’évangile ou que la promotion des bouquins/adaptations est tournée comme « une belle histoire d’amour ».

    Encore un chouette article ♥

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    • Babitty Lapina dit :

      Effectivement, cinquante nuance de grey a une influence bof à cause de la promotion et tout ce qui tourne autour. Généralement pour remettre les pendules à l’heure de celles qui me disent que c’est une histoire romantique je dis : « ok et si le mec est pauvre et juste normal, pas particulièrement beau, tu trouves ça toujours romantique ? » Généralement la grosse prise de conscience passe plutôt mal et j’ai le droit à « pff tu gâches tout en même temps ».

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  4. Caro Bleue Violette dit :

    Je ne suis pas du tout fan du genre (j’ai lu le premier tome de Fifty Shades par curiosité, j’ai trouvé ça épouvantablement mauvais, que ce soit l’écriture ou l’histoire), mais j’ai toujours trouvé l’appellation de « mommy porn » extrêmement sexiste.

    Je comprends ton argument sur la différence entre fantasme et réalité, et je suis globalement d’accord mais pour moi cet argument ne fonctionne qu’avec les adultes. La représentation des relations sexuelles dans les « erotica » ou « new romance » est généralement mauvaise et peut avoir un influence potentiellement catastrophique sur les lecteurs adolescents ou jeunes adultes, surtout dans une société où, comme l’a démontré le mouvement Me Too, la notion de consentement, et surtout la notion du consentement enthousiaste, n’est pas du tout acquise.

    Je dis cela en connaissance de cause, parce qu’ado, j’ai moi-même eu des crushes sur des personnages de fiction plutôt malsains (oui Heathcliff je parle de toi ^^) et j’ai développé ce que j’appelle un bad boy crush syndrom. Ce qui, et ça m’ennuie de le reconnaître mais c’est la vérité, a clairement déformé ma vision de ce que doit être une relation amoureuse, dans le sens où je considère les relations normales avec ce que j’appelle les « gentils garçons » comme horriblement barbantes ^^. Et pourtant je fais la différence entre fiction et réalité, je sais que ce qui fonctionne en fiction serait absolument invivable dans la réalité 🙂

    Comme je dis toujours, on peut parfaitement aimer une oeuvre problématique, à condition de savoir qu’elle l’est et pourquoi elle l’est.

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    • Babitty Lapina dit :

      Je pense que là où notre avis diverge (et où même commence le débat dans les commentaires) c’est sur le lectorat. Je considère que le mommy porn et la new romance visent un public adulte. Qui a eu le temps de former son esprit, qui sait prendre du recule, etc. Pour moi ça serait problématique si ce genre de roman était proposé justement à des adolescentes sans à côté un discours qui met en garde.

      Ton commentaire m’a d’ailleurs inspiré un article sur le sujet tient 😀

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      • Caro Bleue Violette dit :

        Je suis totalement d’accord sur la cible en théorie, le souci c’est que dans la pratique des adolescentes lisent aussi ces livres (d’autant que j’ai vu les new romance rangés dans le rayon Young Adult dans plus d’une librairie ou d’une grande surface, ce qui peut prêter à confusion) ou vont voir les films dans le cas de Fifty Shades.

        Puis certaines séries sont tout de même clairement destinées aux ados/jeunes adultes. After, par exemple, la saga d’Anna Todd, avec un héros basé sur Harry Styles, on ne me fera pas croire que la série s’adresse en priorité aux trentenaires. Et pourtant cette série est considérée comme du « mommy porn ».

        Après je sais qu’il ne faut pas généraliser, que toutes les ados qui lisent ou voient ça ne vont pas automatiquement s’imaginer que c’est ça une relation amoureuse saine, mais mon problème c’est que ça fait partie d’une plus grosse problématique qui est la sexualisation à outrance de notre société, et particulièrement du corps féminin.

        Ado, j’ai lu ma part de Harlequin et de Barbara Cartland et ce n’était déjà pas l’idéal en matière d’éducation sexuelle – mais il ne s’agissait pas d’un phénomène de société et il n’y avait pas Internet pour l’amplifier. La société était moins sexualisée, ou du moins on y était moins exposé.

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        • Babitty Lapina dit :

          AAAAAAAARGH. Je veux taper sur les librairies qui font ça. Combien de fois j’ai trouvé du light novel pas du tout adapté à un public jeunesse dans les rayons jeunesse… Le light novel avait des scènes où les personnages mourraient régulièrement de manière carrément atroce. Je trouve ça irresponsable de mettre cette littérature dans ce rayon.

          Il me semble qu’à la base After était une fanfiction. Du coup on est encore dans un cas différent (qui est le même de cinquante nuances d’ailleurs) et il me semble que l’autrice est plutôt âgée et écrit donc à un public de son âge. C’est une énorme erreur de marketing de mettre ça entre les mains d’ados.

          J’entend bien que tu ne veux pas généraliser et je comprend parfaitement ton argumentation. J’en suis même totalement d’accord. Sauf que moi je vais faire le reproche non pas à ce genre littéraire, mais au marketing qui est autour. D’un côté la littérature jeunesse est hyper surveillée, mais de l’autre, on laisse les jeune lire tout et n’importe quoi. En sixième j’ai lu Ca de Stephen King. Les premières pages du roman un gamin à peine plus jeune que moi à l’époque se faisait arracher le bras. J’ai arrêté direct et j’ai emprunté ça au CDI et personne ne m’a dit que c’était pas de mon âge.

          Pour moi la littérature c’est comme les films, les jeux vidéos, etc. il y a un âge minimum. On ne laisse pas n’importe quel livre entre les mains des enfants.

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          • Caro Bleue Violette dit :

            Je suis d’accord… même si j’ai toujours lu tout ce que je voulais à n’importe quel âge, y compris des livres qui n’étaient pas encore de mon âge (j’ai d’ailleurs lu quelques livres de King quand j’étais au collège). Cela dit, je me filtrais moi-même dans le sens où je sautais systématiquement les scènes de violence ou de sexe.
            Je crois que mes parents n’étaient pas préparés à leur phénomène de bookaddict de fille qui lisait tout ce qui lui tombait sous la main (^^), mais d’un autre côte je leur suis reconnaissante de ne m’avoir jamais empêchée de lire quoi que ce soit. Puis ça dépend de l’enfant et de son niveau, aussi. Néanmoins, j’avoue que je préférerais que mes neveux ne lisent pas certains trucs aussi jeunes que moi ^^.

            Tu as raison, la stratégie marketing de certains livres est problématique.

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            • Babitty Lapina dit :

              On fait attention pour les jeux videos ou les films. Par contre les livres sont d’un côté très surveillé quand on publie de la litterature jeunesse, mais d’un autre on ne controle pas forcement les lectures d’un enfant. S’il semble évident qu’on ne met pas entre les mains d’un.e jeune un roman érotique, certains livres restent très, voir trop, violent et spécialisé pour un enfant… :/

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  5. Ewylyn dit :

    C’est un article hyper intéressant. A la base, je ne suis pas romance ou romans réalistes / contemporains, donc forcément, ça ne me parle pas. J’ai quand même lu Cinquante nuances de Grey, même si j’en suis pas méga fan, j’ai trouvé l’idée intéressante. Tu le soulèves dans ton article, il y a une différence entre fantasme et réalité et cette littérature permet d’explorer de nouvelles pistes, de parler de sujets tabous, d’être plus mature dans la romance aussi. Donc, c’est une littérature intéressante et nécessaire, qui bouscule forcément, on aime ou pas, on va se poser des questions. Je suis pas fan de l’effet mode, notamment les dérives qui pourraient y avoir : en prenant le tout comme argent comptant et en espérant trouver un vrai Christian Grey pour certaines. Toutefois, je suis contente que chaque lecteur puisse trouver son refuge littéraire 🙂

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  6. audreypleynet dit :

    C’est bien.le souci du lectorat : ma nièce z lu cinquante nuances et After à 16 ans… Et je vois chaque jour des ados ou grandes ados qui parlent de leurs lectures de ce genre de livres. En plus avec l’effet de mode les intrigues deviennent parfois encore plus extrêmes (dernier en date : kidnappée par des trafiquants d’êtres humains pour assouvir leurs desirs sexuels elle tombe amoureuse de son geôlier parce que bon c’est pas sa faute il a une blessure profonde tu comprends… toxic au possible !

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