Interview de Sarai David, auteure

Cela faisait longtemps que je ne t’avais pas présenté un métier littéraire ! Le mois dernier j’ai été contactée par Sarai David, une auteure qui souhaitait faire connaître son travail au travers d’une interview. Oui, j’ai bien écrit auteure et non autrice. Elle se nomme auteure ou écrivain, ce sont donc les termes que j’utilise dans cette interview. Sarai David est à la fois écrivain et photographe professionnel. Tu peux retrouver l’ensemble de son œuvre sur son blog. Elle a publié une vingtaine d’ouvrages traitant aussi bien de la religion, que des romans psychologiques ou de la poésie. Si son style te plaît, je pense que tu trouveras facilement ton bonheur dans la multitude de ses écrits. Le point commun entre toutes ses œuvres est l’humanisme qui est au cœur de son écriture.

N’ayant eu accès qu’à des extraits de ses œuvres, je ne peux t’en dire plus sur ses livres. Je lui laisse donc la parole.

Comment en es-tu venue à l’écriture ?

S’il y a une chose à savoir sur moi, c’est que je suis autodidacte. J’écris depuis très jeune. Depuis l’âge de 12-13 ans. À l’origine, je suis tout simplement une lectrice assidue. J’ai toujours lu un livre par semaine environ. J’avale les mots, m’en nourris, l’écriture m’a semblé être une continuité naturelle à la lecture.

Mais j’ai eu du mal à savoir écrire. Car il y a une grosse différence entre écrire pour le plaisir, pour soi, et écrire en vue d’être publié et lu par autrui. À 15 ans, j’aimais écrire de la poésie, mais écrivais mal. À 17 ans, j’avais acquis une rigueur littéraire qui fait qu’aujourd’hui je suis fière de ces poèmes que j’ai publiés sous le titre « le baiser noir ». Ils sont bons, mais ce fut au prix d’une discipline intense. À 19 ans, j’étais incapable d’écrire un roman, même si j’étais inspirée. Je ne maîtrisais pas la forme d’écriture nécessaire pour rendre un récit lisible et compréhensible par les autres. C’est en fait grâce à mes études en philosophie que j’ai appris véritablement à écrire. Savoir écrire est un travail qui demande des années, et pas seulement du talent ou de l’inspiration.

Pourquoi passes-tu par édilivre, maison d’édition à compte d’auteur, au lieu d’une maison d’édition classique ?

C’est une maison d’édition à compte participatif. L’équipe propose des options payantes (couverture, publicité, relecture…), mais également une édition gratuite. Celle-ci se destine à ceux qui veulent publier leur manuscrit avec discrétion, sans tape-à-l’œil. J’ai choisi Edilivre pour 3 raisons. D’une part, il n’y a pas de gaspillage. Les livres ne sont pas envoyés aux librairies au risque de ne pas être vendus et jetés, ainsi le papier n’est pas gâché. Un ouvrage est édité s’il y a demande uniquement. Puis le papier est fabriqué selon les règles environnementales du recyclage. D’autre part, la publication est gratuite. Enfin, le catalogue est ouvert. Beaucoup de maisons d’édition restent fermées aux nouveautés, tandis qu’édilivre favorise une prise de risque éditoriale. On trouve de tout : de la mémé ordinaire au professeur congolais. Cette maison donne la parole aux petites gens, aux gens ordinaires avec l’idée que tout le monde a quelque chose à raconter. C’est vrai, certains ne sont pas des auteurs prolixes, nombreux sont ceux qui ne publient qu’un seul livre, mais chacun a sa chance. J’ai un style assez brut, je ne sais pas si d’autres maisons d’édition auraient apprécié ma façon d’écrire.

Quelle est ta routine en tant qu’auteure ?

En tant qu’auteure je n’ai pas de routine, justement. Pour moi, écrire brise l’habitude du quotidien. C’est sa force. J’écris selon mes humeurs. Parfois, je n’écris pas pendant des semaines, puis d’un coup j’invente le manuscrit en quelques jours. Disons que le terme « auteure » est trop vaste, car je suis romancière et scénariste. J’écris après avoir vécu en vrai les scènes que je souhaite coucher sur papier. Vivre avant d’écrire, telle est ma devise.

Tu écris dans des genres bien différents aussi bien dans le format, que dans le fond. Cela va aussi bien traiter de la religion que de thématique plus scientifique, comment est-ce que tu choisis ses thématiques ? Quelles sont tes sources pour t’appuyer pour rédiger tes livres ?

Depuis ma jeunesse, je m’intéresse à beaucoup de choses. J’ai eu des « périodes » pendant lesquelles j’ai découvert des façons de vivre différentes les unes des autres et cela a généré une personnalité en pachtwork. J’ai de multiples facettes dont je me sers pour créer mes personnages et les trames des histoires humaines. Je n’écris pas de la fantasy, mais de la littérature humaniste dont le but est d’éveiller la conscience. On vit trop replié sur soi-même, sur son iPhone, la communication humaine est dépréciée de manière alarmante. Les familles sont éclatées, les amitiés bafouées, les amours troubles, la bienveillance et la malveillance confondues. Je puise avant tout dans la réalité pour écrire mes livres. Pour ce qui est des essais scientifiques, philosophiques et religieux, je me base sur des livres érudits que je simplifie pour donner envie aux autres de s’y intéresser. Dans le cas du judaïsme, je me suis appuyée beaucoup sur le « hassidisme, mouvement juif orthodoxe loubavitch, qui est encore méconnu en dehors du cercle juif. Il est plein de sagesse et de joie. On ne peut que s’attacher au « hassidisme tant c’est une pensée juive mystique qui prône le respect dans l’amour du prochain. En proposant au public des livres aux thématiques variées, je lance un cri d’alarme contre l’uniformitarisme.

Comment fais-tu pour promouvoir tes livres en tant qu’auteure indépendante ?

Je ne suis pas auteure indépendante puisque j’appartiens à Edilivre, mais promouvoir ses livres relève du parcours du combattant, en effet. Je réalise des interviews, je présente mon travail artistique sur twitter et artmajeur, je contacte les librairies et les bibliothèques… mais hélas cela ne donne pas grand-chose parce qu’on est tant et tant d’écrivains à agir ainsi que les libraires sont débordés et ne prêtent même plus attention aux messages. Quant aux gens ordinaires, en général ils s’en foutent royalement.

Tu es aussi photographe, est-ce que tu trouves que ce métier est lié à ton métier d’écriture ?

En théorie, oui. En pratique, non. La photographie et l’écriture relèvent du même domaine de l’art, ils sont liés par l’envie d’aller au-delà des apparences. Mais ce sont deux domaines au style distinct. Mes livres sont réalistes, ma photographie est abstraite. Toutefois, c’est la photographie qui m’a fait devenir scénariste. J’immortalise des instants, des scènes, soit par la couleur, soit par les mots. Voilà pourquoi j’ai un style un peu brut, sans ruban. Je dis les choses, les montre.

Même si tu es une femme, tu te décris comme écrivain et auteure. Pourquoi ce choix de ne pas se dire écrivaine, autrice ?

Par habitude sémantique. Puis aussi parce que cela me semble inutile et sexiste de faire une séparation entre les femmes et les hommes qui écrivent. ON écrit, peu importe son identité sexuelle.

Est-ce qu’en tant que femme tu as eu l’impression de devoir subir du sexisme dans le milieu littéraire ?

Il y a du sexisme partout, le monde littéraire n’est pas épargné. Or, tout l’intérêt de la littérature, c’est qu’elle use du poids des mots pour dénoncer et changer les injustices.

En ce moment auteurs et autrices se battent pour avoir un statut, ils et elles sont un peu les grands oubliés de la réforme du gouvernement. Est-ce que cela t’inquiète ?

Les auteurs sont invisibles, c’est la réalité. Quelqu’un qui publie des livres depuis plusieurs années sera toujours considéré par Pôle Emploi comme un chômeur alors qu’il n’est plus « disponible pour chercher du travail »… puisqu’il en a un. Mais hélas être écrivain n’est pas pris au sérieux, on n’est pas rémunéré, c’est comme du bénévolat non désiré. Le jour où on considérera les écrivains comme des salariés, on aura fait un grand pas sociétal.

Avant de conclure cet article, je tiens à revenir sur Edilivre. Edilivre est une maison d’édition participative. Si tu veux une couverture autre qu’une page blanche avec un titre ou bien que l’on corrige ton texte, etc., tu dois payer. Ce type de publication est considéré comme de l’auto-édition. Je reviendrai dans un prochain article sur les différents types d’éditions, car ce n’est pas toujours évident de s’y retrouver.

Si toi aussi tu es auteur ou autrice, indépendant. e ou non, n’hésite pas à me contacter par mail pour que je parle de ton travail sur le blog !

3 réflexions sur “Interview de Sarai David, auteure

  1. Ada dit :

    Il faudra que j’aille jeter un coup d’oeil à ses oeuvres, car des histoires humanistes, comment dire… Ca m’intéresse x) Toi qui connaît un peu mes goûts, qu’en penses-tu ?

    Sinon, c’était très intéressant ! J’aime beaucoup sa vision des choses, une curiosité saine, et puis j’avoue que je ne connaissais pas Edilivre…

    Aimé par 1 personne

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