Une brève histoire du manga d’horreur

Cet été je me suis rendu à l’exposition Enfer et Fantômes d’Asie au musée du Quai Branly, elle était passionnante avait le bon goût d’allié deux de mes passions : la mythologie, les légendes et l’horreur. Les livres d’exposition sont passionnants et horriblement cher, celui-ci coûte 45 € pour te donner une idée. Heureusement, ma mère est une très belle personne qui comprend mes messages subliminaux du genre : olala qu’est-ce que j’aimerai avoir ce livre, mais qu’est-ce qu’il est cher quand même… Elle me l’a donc offert pour mon anniversaire. (Pour Noël j’ai refait le coup, mais cette fois-ci avec la campagne Ulule les œuvres de Jane Austen illustrée par Margaux Motin). Pour ce second article sur la thématique d’Haloween, je te propose donc de découvrir l’histoire du manga horreur qui est abordé dans ce livre !

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Il a un petit air flippant n’empêche.

Si l’on définit le manga comme nom pour définir toute la production des bandes dessinées asiatique, en réalité, cela désigne uniquement les bandes dessinées japonaises. En Corée, ce sont les manwhas et en Chine les manhuas. Ils n’ont pas les mêmes codes ni la même histoire. On considère que le manga est apparu au 17e siècle, mais il faut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour qu’il devienne populaire. Le Japon souhaite se tourner vers l’avenir et le manga, bien qu’ancien, est considéré comme un genre nouveau. La science-fiction et les robots sont un peu la grande thématique de l’époque. Les mangas destinés à un jeune public se doivent donc d’être positifs et futuristes. On va donc avoir Astro Boy d’Osamu Tzuka qui est la grande série de l’époque et qui est de nos jours encore très populaire.

Le manga d’horreur lui est complètement à contre-courant, car il va puiser dans le folklore traditionnel et les illustrations des nouvelles de l’ère Edo (1600 – 1868). L’Empereur Meiji qui est le premier empereur de l’ère du même nom souhaite ouvrir le Japon à plus de modernité en même temps que le pays s’ouvre au monde. La littérature japonaise va être fortement influencée par la littérature européenne et les monstres vont devenir non plus objet de terreur, mais ne sont plus que des faire-valoirs. Le genre de l’horreur va réapparaître timidement qu’après la Seconde Guerre mondiale, mais ça sera plus une atmosphère dans le genre policier, fantasy ou science-fiction. Kazuo Umezz va, dans les années 50, créer un sous-genre du shôjo, manga destiné à un jeune public féminin, le shôjo occulte. Un manga qui penche plus franchement vers l’horreur, mais qui se termine toujours bien et où l’héroïne finit forcément dans les bras de son sauveur.

Il faut attendre les années 60 pour voir émerger un récit d’horreur plus pur, même s’il reste limité à un public féminin. La fin des librairies de prêts oblige les mangakas à se tourner vers les publications hebdomadaires qui ont des genres bien définis. En parallèle, Shigeru Mizuki le mangaka de Kitaro le repoussant, va lancer le mouvement artistique « yokaï boom ». Yokaï est le terme générique pour désigner monstre et démon du folklore japonais. C’est ce mouvement qui va être à l’origine de Pokemon ou de Dragon Ball pour te donner une idée de son ampleur. Toutefois, s’il puise l’inspiration dans le folklore, ce mouvement se détache quand même du style de l’ère Edo. Les illustrations étaient très épurées, là au contraire, on cherche à détailler le dessin. Les années 60 c’est aussi l’apparition d’un public adulte qui s’intéresse au manga. Avant cela c’était un genre destiné avant tout à un public jeunesse. Apparaît alors le genre du gekima, un manga plus dramatique, social et critique destiné à ce nouveau public. Le style du dessin dans le jeu des ombres et des plans va avoir une influence importante sur le manga de l’horreur. On va aussi se retrouver avec œuvres beaucoup plus ambiguë, la frontière entre le bien et le mal est tenue, on a un héros très cynique.

Les années 70 confirment l’installation du genre de l’horreur avec l’apparition du scum horreur, des mangas horreur de série C, d’assez mauvais goûts, très gore et on va plutôt avoir une cible masculine. Même si ce sous-genre peut donner des mangas qui sont de vraies perles telles que Panorama de l’Enfer de Shintaro Kago. Depuis les années 70, le genre ne cesse d’évoluer, il a connu un pic de popularité dans les années 90 avec The Ring. Aujourd’hui c’est un genre qui se mêle souvent avec d’autres, on aura de l’horreur fantasy par exemple. Ce n’est pas un genre que l’on trouve beaucoup en France. Il y a néanmoins quelques titres que l’on trouve facilement tel que Doubt de Yoshiki Tonogai, Dead Tube de Mikoto Yamaguchi et dessiné par Touta Kitakawa ou encore Re/member de Katsutoshi Murase. Les éditions Imho proposent de nombreux titres très intéressants, attention, certains sont interdits aux moins de 16 ans, voire de 18 ans. Malheureusement, la plupart de leurs titres on doit les trouver d’occasion. Sinon, je te conseille les mangas de Juji Ito qui est considéré comme le maître du manga d’horreur actuel.

Si tu as des titres à conseiller et qu’on peut trouver sans payer 300 € parce qu’il n’est plus édité je suis preneuse !

5 réflexions sur “Une brève histoire du manga d’horreur

  1. Ada dit :

    Je connais déjà l’histoire du manga (j’ai même un bouquin dessus, mais il est dans ma PAL car j’aimerais le relire, l’ayant lu à la fac… qui n’est pas très propice à une lecture sérieuse), mais celui du manga d’horreur, pas vraiment. Donc ton article était vraiment très instructif.

    « Il faut attendre les années 60 pour voir émerger un récit d’horreur plus pur, même s’il reste limité à un public féminin » J’ai bugué en lisant ça, c’est un autre monde xD

    Et je remercie le « yokaï boom » d’avoir aidé à la création de Pokemon, uhu.

    Aimé par 1 personne

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