La Couleur du lait

511JUX84TkL._SX210_Date de publication : 28 août 2014
Autrice : Nell Leyshon
Genre : Roman historique
Edition : Phebus
Formats : Broché, poche, e.book
Nombre de pages : 176 pages

J’ai lu ce livre complètement par hasard, je l’avais glissé un jour dans ma liseuse et un matin je l’ouvre par erreur. Il n’a fallu de quelques lignes, pas très bien écrites pourtant et où la ponctuation est plutôt absente pour que j’accroche et que je le dévore en quelques heures. C’est un livre très court qui fait moins de cent pages. Pourtant, je te promets, il se passe énormément de choses et traite de nombreuses thématiques. Je mets un petit avertissement, il y a des scènes de viol, brèves, mais le peu dont on sait suffit à imaginer ce qui se passe.

Mary est à la fois la narratrice et l’héroïne de son récit. Bien qu’elle n’a que 16 ans, elle écrit déjà ses mémoires. Enfin, façon de parler. Elle écrit surtout les derniers mois précédents sa confession écrite. Elle est la quatrième fille d’une famille de fermier pauvre, elle a les cheveux couleur de lait et une jambe atrophiée. À la ferme, elle vit une vie de misère, on travaille pour survivre. Pourtant, c’est sa vie et elle y tient. Jusqu’au jour où son père la vend pour qu’elle aille s’occuper de la femme malade du pasteur. Elle ne peut donc quitter sa place, même si sa vie est plus simple qu’à la ferme.

Au début de ma lecture, je me suis demandé si mon édition n’avait pas de problèmes. Certains mots n’étaient pas correctement orthographiés, la grammaire aurait besoin d’être revue et je ne parle même pas de la ponctuation quasiment inexistante ! En réalité, c’est parce que c’est Mary qui s’exprime et elle ne maîtrise pas totalement l’écriture. Cela ne rend son récit que plus fort et bouleversant. Ce roman traite de plusieurs thématiques, mais les deux qui ressortent principalement sont la place des femmes dans la société et le mépris des classes sociales envers les personnes les plus pauvres. Si on a des portraits très variés de femmes, elles sont toutes soumises aux hommes et la société dans laquelle elles évoluent leur fait comprendre qu’elles sont inférieures à ces derniers. Que ça soit la femme du pasteur ou l’une des filles du fermier, elles n’ont au fond aucune valeur si ce n’est de satisfaire les hommes. Le second point est particulièrement marquant quand Mary rejoint la famille du pasteur. Non seulement elle est méprisée à cause de sa tenue et de ses manières, mais en plus on se moque de sa naïveté, de son franc-parler et de sa surprise de découvrir un monde luxueux inaccessible. En sens inverse, quand elle visite sa famille, ces derniers se sentent méprisés par Mary, car elle n’est plus comme eux. C’est un roman très court, mais qui brise le cœur. Chaque phrase est soigneusement pesée et pas une seule n’est inutile. Derrière chaque mot se révèle l’histoire de chacun. Si l’autrice dénonce beaucoup, elle n’oublie pas que c’est Mary l’héroïne de son histoire et cette dernière est un personnage vraiment travaillé. Elle qui considère être si simple et inintéressante et en réalité passionnante. Elle est extrêmement courageuse et alors que plusieurs fois elle a le choix, elle fait celui qui nous semble le plus terrible et en même temps c’était le seul que Mary pourrait faire. Il y a chez elle une intégrité et une honnêteté rarement poussées autant à leur paroxysme.

Vais-je aimer ce roman ?

Roman très court, mais poignant. Il est parfait si tu veux te prendre un shoot d’émotion qui te prend aux tripes. Rien de très joyeux, beaucoup d’indignations et pas mal de sujets de réflexion. C’est le roman turn-over, qui a un côté un peu cocon. On le lit pour se sentir rassuré et heureux de là où on est à la fin du roman, on se sent triste et bien en même temps. Par contre, ce n’est pas un roman à lire quand on ne va pas super bien et qu’on a besoin de réconfort, il faut trouver le bon moment pour le lire et l’apprécier à sa juste valeur.

6 réflexions sur “La Couleur du lait

  1. DF dit :

    Le titre me rappelle celui d’un recueil de nouvelles d’Annie Saumont: « Le lait est un liquide blanc ». Oui, comme ça. Mais en matière de nouvelles, Annie Saumont a été une référence. Même s’il faut se donner le temps de s’adapter à son écriture, à sa ponctuation, etc.

    Aimé par 1 personne

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