Le roman de cape et d’épée

Lors d’une discussion avec ma pote Adèle du blog Une place à soi, j’ai présenté Faustine comme étant le roman de cape et d’épée que j’avais tant attendu et que j’étais vraiment heureuse d’avoir découvert. Et si la notion roman de cape et d’épée lui dit quelque chose, Adèle m’a avoué qu’elle ne connaissait pas vraiment le genre et m’a demandé si je pouvais le présenter sur HNB. Adèle, je te dédie donc cet article !

Le lys noir 1

Le roman de cape et d’épée est un genre littéraire qui emprunte à plusieurs traditions littéraires. Il y a en lui du roman historique, du roman d’aventures et du roman feuilleton. C’est un genre populaire, qui a connu un succès important au dix-neuvième siècle qui est l’époque romantique de la littérature. Si tu te souviens de mon article sur les romans historiques, j’avais expliqué que l’époque romantique est cette période où l’on exprime les émotions et une forme de nostalgie. Donc forcément, des aristocrates qui se battent en duel au nom de la noblesse et de grands idéaux chevaleresques, tout en étant bien habillés et cultivés, cela ne pouvait que plaire aux romantiques. Malgré une production prolifique, le genre est moins présent aujourd’hui. Quand on parle de romans de capes et d’épées, on pensera plutôt aux Trois mousquetaires d’Alexandre Dumas ou encore Capitaine Fracasse de Théophile Gauthier. Il existe pourtant des romans contemporains de ce genre, mais ils vont plutôt être classés dans la fantasy. Il la série Les larmes du Cardinal de Pierre Pevel ou celle du Lys noir de François Larzem.

On ne sait pas exactement d’où est tiré le nom de ce genre. Beaucoup supposent que c’est d’un genre du théâtre espagnol classique : comedias de capa y espada. Les personnages sont issus de la noblesse et de la chevalerie avant tout et l’intrigue comporte nombreux duels, de l’aventure et des capes de toute évidence. Si Robert Challe utilise cette expression en 1713 dans une nouvelle pour définir un personnage qui n’a plus que sa cape et son épée, ce n’est qu’en 1855 que Ponson du Terrail l’utilise pour nommer son roman. L’une des théories c’est que cela fait référence à la tenue des mousquetaires ou bien à une tenue militaire. On pourrait écrire toute une thèse sur pourquoi ce nom en fait…

Mais concrètement qu’est-ce qui caractérise le roman de cape et d’épée mis à part un personnage avec une cape et une épée ? Tout d’abord, le roman cherche à nous raconter une aventure. L’Histoire est donc quelque peu reléguée au second plan, on se contente de te citer des lieux, des personnages importants, des grands événements. Il y a très peu de descriptions, l’objectif n’est pas d’expliquer un contexte. La narration des événements doit suffire en elle-même. Ce qu’il fait qu’il y a une certaine liberté en ce qui concerne la temporalité ou bien les lieux. Chaque déplacement est là pour servir l’intrigue. On peut faire tout à fait être à Londres dans une scène, puis à Paris dans la suivante, il y a les ellipses pour ça. (Une ellipse temporelle c’est le fondu en noir au cinéma pour passer d’une scène à l’autre.) Le rythme lui va s’accélérer de plus en plus, jusqu’à arriver à un climax. Ce climax va être très souvent un duel, il y a énormément de duels dans les romans de cape et d’épée.

Dans les duels, le but c’est que c’est le bien qui gagne. Le bien peut échouer, parfois, mais tu sais que ce n’est pas the mega duel, c’est un duel qui ne compte pas vraiment. Le roman de cape et d’épée est généralement porteur de valeurs que l’on retrouve dans les films de grosses productions américaines. Pour te donner une idée, si Superman, Wonder Woman, Spiderman, X-Men, etc. avaient des capes et des épées, bha ça serait des films de capes et d’épées. On retrouve toutes les caractéristiques de ce genre romanesque, sauf qu’il y a des pouvoirs, des armes à feu, etc., et rarement une cape.

J’aurais presque tendance à dire que le genre littéraire du roman de cape et d’épée existe aujourd’hui sous une forme quelque peu différente. En effet, on retrouve pas mal de ses caractéristiques dans les films de supers-héros (je ne m’avancerais pas pour les comics, je n’en ais pas lu assez), mais aussi dans les westerns. Il y a deux différences majeures : la géographie de l’œuvre reste relativement fixe. Cela se passe souvent dans une ville, une région à la limite. Il y a peu de voyage. Et surtout, cela ne concerne pas uniquement la noblesse ou l’aristocratie. Tu connais probablement l’expression : jeu de main, jeu de vilain. Bha les vilains ce sont les péquenauds comme toi et moi qui n’avait pas le droit d’avoir d’épée. L’épée est réservée à la noblesse. Aujourd’hui, on peut avoir des mecs hyper riches comme Tony Stark, Bruce Wayne ou Christian Grey, mais on peut avoir aussi des personnages relativement lambda, comme Spiderman, Ms. Marvel ou les X-Mens. À l’époque romantique, cela n’aurait pu passer. La noblesse du personnage ne doit pas être qu’une attitude, c’est aussi de naissance.

C’est un genre littéraire que j’apprécie, mais que j’ai trouvé toujours plutôt sexiste. Parce que le héros est nécessairement un homme. Le Lys Noir de François Larzem m’a rendue très heureuse, car il propose une héroïne forte, intelligente et qui ne correspond pas moins à des caractéristiques féminines.

Et toi, c’est un genre qui te plait ou bien tu n’as pas encore eu l’occasion de le découvrir ?

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8 réflexions sur “Le roman de cape et d’épée

  1. Ada dit :

    C’est intéressant que tu en parles, car pour moi, c’était effectivement un genre plus du tout exploité, à ranger aux oubliettes des siècles précédents ! Et j’apprends qu’il y a encore des récits contemporains, mais si c’est rangé dans la fantasy, je ne pouvais pas savoir vu que j’en lis jamais… En tout cas, c’était très intéressant, merci pour ton article ! 🙂

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  2. Les Lectures de Sophie dit :

    Pour moi, les romans de cape et d’épée, c’est D’Artagnan ! Et c’est vrai que Les lames du Cardinal, avec capes, épées et dragons dépoussière le genre. J’ai adoré cette lecture.
    Je note Le lys noir, qui renverse les codes trop sexistes du genre, même s’ils sont dus à l’époque représentée…

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    • Babitty Lapina dit :

      Oh tu me donnes encore plus envie de lire Les lames du Cardinal alors ! Oui j’ai pas précisé dans l’article que les codes sexistes étaient dû à l’époque. Néanmoins, les films de supers héros qui reprennent une bonne partie des codes sont pas mal sexiste alors qu’ils sont sensés être plus modernes. Mais j’espère que les romans modernes utilisant ce genre, vont proposer un roman moins sexiste.

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