Et toi, c’est quoi ton niveau en lecture ?

Si tu es dans un cadre d’éducation classique français, on a dû t’apprendre à lire relativement jeune. Cela s’est peut-être fait très facilement ou au contraire avec quelques difficultés (je suis de la team j’ai eu pas mal de difficultés). D’ailleurs, pour les élèves dyslexiques, Castelmore a mis en place une collection dyslexique ! Tu peux par exemple trouver le bon roman : L’effet Mathidla d’Ellie Irving en version classique ou bien en version dyslexique. La version dyslexique va avoir une police d’écriture différente, de plus grands interlignes, des phrases plus courtes, etc. Quelques conseils sont donnés au début du roman à l’intention du lecteur ou de la lectrice. Tu peux trouver aussi une collection similaire chez les éditions Nathan. Des outils sont donc mis en place pour le lectorat ayant des difficultés.

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Toi peut être que tu n’en as pas ou bien tu ne penses pas en avoir. Sauf que la lecture ce n’est pas juste lire une suite de mots et de réussir à les relier logiquement. Tu l’as peut-être déjà remarqué, mais tu lis très probablement certains livres beaucoup plus rapidement que d’autres et ce n’est pas juste une question de taille. On classe la littérature grossièrement ainsi : littérature pour les tous petits (album), littérature de jeunesse avec ses différents niveaux (primaire, collège, lycée), la young adult et enfin la littérature pour adulte. On peut classer la young adult dans la littérature de jeunesse, mais elle est vraiment pensée comme un genre de transition. Ce classement par âge va être déterminé par le format de livre, son récit, son vocabulaire, quelles sont les contraintes légales, etc.

Sauf que ce n’est pas parce que tu lis de la littérature pour adulte que tu es capable de lire tous les livres. Alors oui tu peux prendre n’importe quel livre, faire les connexions entre les mots, mais cela ne veut pas dire que tu lis le récit. Tu lis des phrases, mais pas un livre. Certains livres vont te demander un effort intellectuel que tu n’acquiers pas si tu ne cherches pas consciemment ou non à l’acquérir. Lire un roman de Stephen King ne va pas te demander le même effort intellectuel qu’A la recherche du temps perdu de Proust. Cela ne veut pas dire que Proust est meilleur ou juste que tu trouves le récit chiant. C’est que la construction des phrases va te pousser à lire plus lentement, à devoir faire un effort pour comprendre le récit par exemple. La fantasy est aussi un bon exemple de l’effort de lecture. Dans certains romans, on va t’expliquer l’univers au fur et à mesure, on va te donner toutes les clefs nécessaires. On s’assure aussi que tu ne t’ennuies pas, même dans les moments où il n’y a pas forcément d’action tu es entraîné. e dans un récit. Dans d’autres, au contraire, tu n’as aucune explication, on te balance des concepts sans prendre le temps de te les expliquer, on t’oblige à accepter d’attendre trois cents, quatre cents pages pour comprendre un élément du début du roman. Tu te retrouves à faire face à des passages longs, où tu te demandes à quoi ça sert, tu ne comprends absolument pas où l’auteur, l’autrice veut aller. Cet effort de lecture va aller au-delà du j’aime ou je n’aime pas le récit.

Cet effort intellectuel peut aussi être différent d’un genre à l’autre. Un roman je peux le lire très rapidement, je n’ai pas énormément de romans qui me posent de difficultés. Par contre, un essai c’est bien différent. Je mets une éternité à lire la moindre page. Mon cerveau étant habitué à lire des romans réussit à créer les connexions rapidement pour comprendre le récit. Étant donné que je lis très peu d’essais, les connexions se font beaucoup plus lentement et me demandent beaucoup plus d’efforts.

Il serait naïf de penser qu’un niveau de lecture dépend de l’âge de la personne. Je pense que bien des adolescents ont un bien meilleur niveau de lecture que les adultes. Ton niveau de lecture va être déterminé par ton habitude lecture. C’est ce qui expliquer aussi certains grands succès commerciaux. Pour une personne qui lit un ou deux romans par an lire Musso ne demande pas d’effort et c’est donc un plaisir à lire. Là où un lectorat plus aguerri va avoir plus d’exigence, va demander à ce qu’on lui présente une œuvre qui demande plus d’efforts. Et c’est pour cette raison qu’il est important de ne pas être méprisant vis-à-vis des romans dits commerciaux et envers sont lectorat. Déjà c’est nul comme attitude et puis cela permet d’offrir une diversité d’œuvres correspondre à tous les niveaux de lecture. Ce n’est pas parce que tu as un niveau de lecture plus important qu’une autre personne, que tu es meilleur. e que cette personne ou que tu vas gagner un prix. C’est juste que cette capacité est plus développée chez toi.

Si tu veux acquérir un meilleur niveau de lecture, c’est comme n’importe quelle compétence que ce soit jouer du ukulélé, le dessin, nager ou même méditer ! Il faut que tu t’entraînes pour amener ton cerveau à créer les connexions dans ton cerveau. Si tu lis régulièrement, cela consiste surtout à ne pas abandonner quand tu as des difficultés pour lire une œuvre ou bien lire un genre où que tu aies un peu plus du mal. Si tu n’as pas trop l’habitude de lire, ça va être de lire plus souvent tout simplement. Et garde à l’esprit qu’un livre qui t’ennuie ou que tu es obligé. e de lire te demandera bien plus d’efforts qu’un livre que tu apprécies et surtout que tu lis pour toi. Lire pour soit c’est le droit de ne pas finir, de sauter les passages chiants, de lire en diagonales, de lire la fin avant le début et de suivre les dix droits du lecteur de Daniel Pennac.

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7 réflexions sur “Et toi, c’est quoi ton niveau en lecture ?

  1. Ada dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec toi ! Je vais rajouter une chose : il y a un cliché comme quoi lire plus souvent permet de devenir bon en orthographe. C’est faux ! Je connais des personnes qui lisent pas mal et qui sont mauvaises en orthographe, il va falloir arrêter avec ce conseil bidon, ou alors préciser que ce n’est pas une obligation et l’accompagner d’autres conseils qui seront pertinents ou pas selon chaque personne. Il y a là aussi ce côté méprisant comme quoi les gens mauvais en orthographe ne lisent pas et d’un coup, la personne va prendre de haut l’autre. Hé bah non, loupé, garde ton mépris pour toi !

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  2. lutinreveurblog dit :

    C’est intéressant et tout à fait vrai. En fait quand je lis des livres de littérature classique, ce qui me demande le plus d’effort c’est la préface. Ca va en faire sourire beaucoup, mais par exemple je n’ai jamais rien compris à la préface du portrait de Dorian Gray, idem pour les livres d’Emile Zola. Ca me demande un effort intellectuel mais à la fin, je ne sais pas ce que l’auteur ou l’autrice de la préface a voulu dire mis à part peut-être retracer la vie de l’auteur du livre. Pourtant, il y a beaucoup de divagations. Elles sont souvent très longues et certaines contiennent pas mal de spoiler sur le roman (celle du portrait de Dorian Gray, j’ai failli balancer le livre contre le mur), mais je peux pas m’empêcher de les lire. En principe, il s’agit d’une présentation du livre et à la limite de celui ou celle qui l’a écrit.

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    • Babitty Lapina dit :

      Une ancienne connaissance en fac de lettre m’avait explique que le prix d’un livre classique pouvait varier selon qui avait écrit la préface ! Personnellement je les saute toujours, je vais revenir rarement dessus, car moi aussi je me suis fait spoiler… Celle que j’aime beaucoup c’est celle de La lettre écarlate, la vie de l’auteur est passionnante !

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